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| Activités du 17ième au 18ième siècle |
La dissolution
Le 13 décembre 1599, Ernest de Bavière confirme l'institution, les statuts et les privilèges de la compagnie des Arbalétriers.
Il accorde aussi à la même compagnie la jouissance et le profit de deux neffs ("barques") marchandes, ainsi que le droit de prélever un impôt sur chaque ayme de cervoise.
Ce texte en rappelle un autre de 1501 (disparu). ce qui recule d'un siècle l'existence de la compagnie : sans toutefois préciser la date, un commentaire reporte l'origine de la gilde bien avant 1501.
Les Arbalétriers ne possèdent aucun acte antérieur à Ernest de Bavière, mais plusieurs de ce dernier et un de Ferdinand. Quatre d'entre eux établissent leurs droits et prétentions.
Dans les premières années du dix-septième siècle, sous Ernest de Bavière, quelques conflits éclatèrent à propos des prérogatives de la gilde. Les magistrats de Visé devinrent hostiles à la compagnie : cela entraîna sa suppression le 3 décembre 1604.
Dès 1501, un acte limitait le pouvoir de la gilde : il stipulait que le mayeur avait un droit de regard sur ses revenus.
L'acte cessatoire est motivé par les difficultés financières de la ville qui devait trouver des fonds pour relever ses murs et pour construire son hôtel de ville.
La décision d'Ernest semble avoir été prise dans le seul souci de soulager les magistrats des avantages financiers qu'ils devaient verser à la compagnie. Le fait que Maître Daniel Danneau, alors bourgmestre de Visé, était en même temps capitaine des Arquebusiers a-t-il joué un rôle ?
Cela est possible, mais cette coincidence ne peut permettre d'affirmer que des motifs politiques aient amené la dissolution des Arbalétriers. L'acte cessatoire fut confirmé le 17 janvier 1605, et cela, malgré une supplique de la compagnie.
Le rétablissement
Cette dissolution fut de courte durée : la compagnie obtint son rétablissement le 25 juin 1616, malgré l'opposition violente du magistrat qui considérait qu'une telle décision portait un grave préjudice aux intérêts de la ville.
Ernest de Bavière ne tint pas compte de cette intervention des autorités municipales. Néanmoins, il convoqua les deux parties et, le 11 aoùt de la même année, il confirma sa décision première.
Ferdinand de Bavière, son successeur, suivit la même politique, et lors d'un passage à Visé, il approuva les titres et privilèges des Arbalétriers.
Quelles étaient les ressources de la gilde?
- le droit d'entrée,
- les générosités magistrales,
- les dons particuliers,
- le profit d'un immeuble situé hors de la potice,
- deux barques marchandes qui reliaient Visé, lune à Liège, l'autre à Maestricht,
- un impôt de deux boddregers,
- une rente de la ville.
A cause du mauvais état de ses finances, la ville négligea pendant plusieurs années de verser les rentes qu'elle devait aux compagnies.
En 1682 par suite des guerres et des malheurs de l'époque, Maximilien de Bavière supprima la pension accordée par la ville aux Arbalétriers et aux Arquebusiers.
Après les réclamations, le prince évêque Fr.-Ch. de Velbruck tenta d'amener les deux parties à un compromis, et le 29 avril 1775, il approuva l'accord passé en présence du chevalier Wezeren de Schaerbrouck : les deux compagnies renoncèrent à tous droits et arriérés, moyennant une rente annuelle de septante florins.
Avant la construction de l'hôtel de ville la société avait son local dans une maison " tendante de la porte postiche à marcheit ", maison acquise par la ville en 1570.
Elle la louait à un particulier et se réservait le "chafeur de desseur"; plus tard, la compagnie siégera à l'hôtel de ville.
Actuellement, elle se réunit dans son local, lequel se complète d'un musée où sont exposées de nombreuses pièces rares et de grande valeur.
Au dix-huitième siècle, on trouve une appellation nouvelle pour désigner la gilde. A côté des termes traditionnels compagnie ou confrérie, apparait le mot chambre (chambre Saint-Georges).
A cette époque, le terme chambre désigne une société : une chambre de rhétorique est une société littéraire. C'est sans doute à cette date que la gilde a perdu son caractère militaire. Désormais société d'amusement, elle s'efforça de prolonger son histoire en respectant scrupuleusement ses traditions ancestrales : les archives nous donnent un compte rendu fidèle de son activité.
Les confrères devaient assister à la Messe Saint-Georges, défiler dans la procession de la Fête Dieu et participer aux exercices de tir.
Jadis, on célébrait la Fête-Dieu, et la procession était organisée le jeudi après la Pentecôte: le tir à l'oiseau royal avait lieu le lundi précédant cette date. Depuis la Saint Georges jusqu'à la Pentecôte, les Arbalétriers devaient, chaque dimanche, tirer au moins deux parchons (coups).
Le vainqueur du tir était proclamé Roy et recevait un prix. S'il conservait son titre durant trois années consécutives, il devenait Empereur. Ni Roy ni Empereur n'avaient de pouvoir réel, ils régnaiènt mais ne gouvernaient pas. Les archives font même mention d'un Roy qui fut déposé à la suite d'une tentative d'abus de pouvoir.
L'autorité suprême était exercée par le Capitaine et par l'ensemble des officiers.
La police était assurée par les dignitaires et notamment par les deux Mayeurs. Si c'était nécessaire, on constituait un conseil de guerre ou guemine. Le tribunal dut parfois se prononcer à propos d'actes criminels.
le 15 juin 1686. les Mayeurs de la compagnie enquêtèrent au sujet d'un coup de feu qui avait blessé un Empereur du nom de van Houten. En outre, d'après un rapport du Lieutenant Bailly Libot, un mayeur de Visé, ancien capitaine des Arbalétriers, aurait été coupable d'un assassinat.
Lors de sa consécration, le Roy recevait le collier ou garlande ("guirlande") que 1'on confiait habituellement au vainqueur en ces circonstances. Vu la valeur de l'objet, le Roy devait fournir deux confrères plesges (cautionnaires) qui se portaient garants pour lui. Si le Roy devenait Empereur, le collier lui appartenait, mais la compagnie pouvait lui racheter.
Lors des cérémonies traditionnelles, après la messe, les compagnies se rendaient à l'hôtel de ville où elles régalaient les bourgmestres, les autorités communales et les officiers de la société rivale avec du brandevin et des gaufres.
Lors de la Fête-Dieu, le magistrat offrait un vin d'honneur aux deux sociétés.
A la fin du dix-huitième siècle, lors de la fête du Saint Sacrement, les Arbalétriers et les Arquebusiers fraternisaient. Un droit d'ainesse était reconnu aux Arbalétriers qui avaient la priorité dans toutes les cérémonies.
Lors de la procession, ils occupaient la première place : leur Cornette ouvrait la marche. A chaque reposoir, le même Cornette, étendard en main, traversait toute la procession et allait saluer le Saint-Sacrement lors de la bénédiction. Il regagnait ensuite sa place.
Lors de la bénédiction, les compagnies lâchaient un salve sous le commandement du Capitaine des Arbalétriers.
L'après-midi, les confrères allaient tirer l'oiseau. Les Arquebusiers se réunissaient dans la rue Haute et les Arbalétriers dans la rue Basse.
Désormais, l'histoire des ces guerriers de jadis qui constituaient nos gildes se limita à des faits mineurs : les compagnies connurent succès et déboires, leurs activités se réduisirent à des concours de tir, à des manifestations folkloriques de toutes sortes, et à des défilés à travers toute la Belgique.
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